Installer des panneaux solaires change votre façon de consommer l’électricité, mais ça ne dispense pas de choisir le bon abonnement EDF. Puissance souscrite, option tarifaire, revente du surplus, chaque paramètre a un impact direct sur la rentabilité de votre installation. Depuis la réforme du 5 juin 2026, certains choix qui semblaient évidents ne le sont plus.
Option tarifaire et puissance souscrite, deux choix distincts
Quand on parle d’abonnement EDF, on mélange souvent deux décisions qui n’ont rien à voir. La première est l’option tarifaire, c’est à dire la formule qui détermine le prix du kWh selon le moment de la journée : Base, Heures Creuses ou Tempo. La seconde est la puissance souscrite, exprimée en kVA, qui fixe le seuil au delà duquel votre disjoncteur coupe.
Ces deux choix se font indépendamment et vos panneaux solaires n’ont pas le même effet sur l’un et sur l’autre. Comprendre cette distinction évite déjà la moitié des erreurs constatées chez les foyers récemment équipés.
Base, Heures Creuses ou Tempo, laquelle choisir avec des panneaux solaires
Pourquoi l’option Base reste pertinente en autoconsommation diurne
Si votre foyer consomme surtout le jour, télétravail, présence d’enfants scolarisés à domicile, ou simplement des habitudes de vie diurnes, l’option Base garde tout son sens. Votre production solaire couvre une bonne partie de vos besoins pendant les heures où le tarif Heures Creuses ne vous aurait de toute façon rien apporté.
Quand les Heures Creuses gardent un intérêt
L’option Heures Creuses reste utile si une partie de votre consommation a lieu la nuit, typiquement la recharge d’un véhicule électrique ou le fonctionnement d’un ballon d’eau chaude programmé. Dans ce cas, vous cumulez les bénéfices de l’autoconsommation le jour et du tarif réduit la nuit sur ce que vos panneaux ne peuvent pas fournir.
Tempo, une option à réserver aux usages pilotés
Tempo peut faire baisser sensiblement la facture, mais seulement si vous êtes capable de décaler activement votre consommation les jours rouges et de profiter des jours bleus. Avec des panneaux solaires et une pompe à chaleur bien pilotée, les économies peuvent dépasser celles obtenues en réduisant simplement sa puissance souscrite. Sans ce pilotage actif, l’option perd tout son intérêt et devient risquée en cas de mauvaise anticipation.
Quelle puissance souscrire en kVA après une installation solaire
Pourquoi les panneaux changent peu votre besoin en kVA
C’est une idée reçue fréquente : installer des panneaux solaires ne réduit pas mécaniquement le besoin en puissance souscrite. Les pics de consommation, le matin et le soir, coïncident rarement avec les heures de production maximale, situées en milieu de journée. La puissance souscrite doit donc continuer à être calculée sur vos usages simultanés réels, indépendamment de votre production solaire.
La limite d’injection à 6 kVA en monophasé
Un point technique trop souvent passé sous silence : en raccordement monophasé, Enedis limite l’injection sur le réseau à 6 kVA par phase, quelle que soit la puissance de votre installation. Une centrale de 9 kWc ne pourra donc jamais injecter plus de 6 kW au même instant. Ce plafond ne limite pas la taille de votre installation, puisqu’une bonne part de la production est de toute façon autoconsommée, mais il conditionne le dimensionnement si vous visez une revente importante du surplus.
Voici les repères courants pour choisir votre puissance souscrite :
| Puissance | Profil adapté | Coût annuel indicatif |
|---|---|---|
| 6 kVA | Logement à équipement électrique classique, sans chauffage électrique lourd | environ 188 € |
| 9 kVA | Plusieurs appareils énergivores, petite pompe à chaleur, climatisation | environ 235 € |
| 12 kVA | Grande maison, chauffage électrique, borne de recharge en monophasé | variable selon fournisseur |
Le réflexe le plus fiable reste d’additionner la puissance des appareils que vous utilisez réellement en simultané, plutôt que de se fier uniquement à la surface du logement.
Autoconsommation, revente du surplus ou vente totale, ce que ça change pour votre contrat
Trois modes de fonctionnement existent, et chacun implique un contrat différent avec votre fournisseur.
L’autoconsommation simple ne prévoit aucune revente. Vous utilisez votre production pour couvrir vos propres besoins et votre abonnement classique reste inchangé.
L’autoconsommation avec revente du surplus est la formule la plus répandue chez les particuliers. Vous consommez en priorité votre production, et seul l’excédent non utilisé est injecté sur le réseau et racheté par EDF OA, l’organisme en charge de l’obligation d’achat. Vous gardez en parallèle votre abonnement de fourniture classique pour acheter l’électricité qui vous manque.
La vente totale, elle, consiste à injecter l’intégralité de votre production sur le réseau, tout en continuant à acheter séparément l’électricité que vous consommez. Elle est réservée depuis plusieurs années aux installations supérieures à 9 kWc.
Le tournant du 5 juin 2026, ce qui a changé pour EDF OA
C’est l’élément le plus important à connaître aujourd’hui si vous préparez votre projet solaire. Un arrêté tarifaire publié début juin 2026 a fortement révisé les conditions de rachat pour les nouvelles demandes de raccordement.
Le tarif de rachat du surplus est tombé à 1,1 centime d’euro par kWh hors taxes, contre environ 4 centimes auparavant. Dans le même temps, la prime à l’autoconsommation, qui récompensait jusque là l’investissement initial, a été purement supprimée pour les nouvelles installations en revente de surplus.
Ce changement ne concerne pas les installations déjà raccordées ou dont la demande a été validée par Enedis avant le 5 juin 2026. Ces dossiers conservent leurs conditions d’origine pendant 20 ans, prime comprise.
Pour tous les projets postérieurs à cette date, la conséquence est claire. Un kWh autoconsommé fait économiser environ 0,20 €, contre 0,011 € perçus pour un kWh revendu, soit un rapport d’environ 1 à 18 en faveur de l’autoconsommation. Choisir un abonnement et des habitudes de consommation qui maximisent l’usage direct de votre production est désormais bien plus déterminant que le contrat de revente lui même.
Comment choisir concrètement selon votre profil
Un télétravailleur ou une famille présente la journée a tout intérêt à rester en option Base, avec une puissance souscrite calculée sur ses usages simultanés, et à privilégier une autoconsommation maximale plutôt que la revente.
Un foyer absent en journée mais équipé d’un véhicule électrique tirera davantage parti d’une combinaison Heures Creuses pour la recharge nocturne et d’une revente du surplus solaire produit pendant son absence.
Un foyer avec chauffage électrique ou pompe à chaleur devra vérifier que sa puissance souscrite suit ses besoins réels, sans se fier uniquement à la présence de panneaux solaires pour la réduire.
Dans tous les cas, suivre sa production et sa consommation via l’application de son compteur Linky ou un outil dédié permet d’ajuster ces choix après quelques mois d’usage réel plutôt que sur de simples estimations.
Comment changer d’abonnement EDF après l’installation de vos panneaux
La démarche se fait directement auprès d’EDF ou de votre fournisseur d’électricité. Il faut généralement fournir votre numéro de point de livraison (PDL), disponible sur une ancienne facture ou sur votre compteur Linky, ainsi que votre attestation Consuel si vous mettez en place une revente de surplus via EDF OA.
Le changement d’option tarifaire ou de puissance souscrite est traité sous quelques jours, sans intervention technique si votre compteur est déjà communicant. La mise en place d’un contrat EDF OA pour la revente suit un circuit distinct et peut prendre plusieurs semaines, il est donc préférable d’engager cette démarche en amont de la mise en service de votre installation.
