La question du nombre de kilowatts produits par une éolienne mélange en réalité deux notions distinctes : la puissance installée (en kW) et la production énergétique réelle (en kWh). Une éolienne domestique affiche une puissance de 100 W à 20 kW, tandis qu’une éolienne industrielle atteint 2 à 15 MW. Mais ces chiffres ne reflètent que la capacité maximale, pas ce qu’elle produit effectivement au quotidien.
Puissance et production d’une éolienne : comprendre la différence
La puissance nominale d’une éolienne, exprimée en kilowatts (kW), correspond à sa capacité maximale de production dans des conditions optimales de vent. C’est un peu comme la puissance d’un moteur de voiture : elle indique le potentiel, pas l’usage réel.
La production énergétique, elle, s’exprime en kilowattheures (kWh) et représente l’électricité réellement générée sur une période donnée. Une éolienne de 5 kW ne fournit pas 5 kW en continu. Elle tourne selon le vent, s’arrête quand il est trop faible ou trop fort, et fonctionne rarement à plein régime.
C’est là qu’intervient le facteur de charge, ce ratio entre production réelle et capacité maximale. En France, il oscille entre 25 et 30% pour les éoliennes terrestres. Concrètement, une éolienne de 5 kW installée produit environ 1,25 à 1,5 kW en moyenne continue sur l’année, soit entre 11 000 et 13 000 kWh annuels.
Éolienne domestique : entre 100 W et 20 kW de puissance
Les éoliennes domestiques couvrent une large gamme selon leur taille et leur usage. Les micro-éoliennes de 100 à 400 W servent surtout à alimenter des applications limitées comme la recharge de batteries ou l’éclairage d’un cabanon. Pour un usage résidentiel plus conséquent, on monte entre 1 et 5 kW pour les petites habitations, et jusqu’à 10 à 20 kW pour les grandes propriétés ou exploitations agricoles.
La production annuelle réelle dépend fortement des conditions locales. Une éolienne domestique de 5 kW bien placée et correctement entretenue génère entre 5 000 et 20 000 kWh par an. Pour mettre ces chiffres en perspective, un foyer français moyen consomme environ 4 700 kWh annuels. Une installation de 5 kW peut donc couvrir 70 à 80% des besoins d’une maison standard dans une zone venteuse.
Plusieurs facteurs influencent cette production. La vitesse moyenne du vent reste déterminante : il faut au minimum 12 à 14 km/h pour que l’éolienne démarre, et 50 à 60 km/h pour qu’elle tourne à plein régime. La hauteur d’installation joue aussi un rôle majeur, car le vent est plus fort et régulier en altitude. Enfin, l’entretien régulier garantit un rendement optimal sur la durée de vie de l’installation, généralement estimée à 20 ans.
Éoliennes industrielles : des puissances de 2 à 15 MW
Les éoliennes terrestres modernes installées dans les parcs éoliens affichent des puissances de 2 à 3 MW pour les modèles standards. Ces machines impressionnantes, avec des mâts de 80 à 120 mètres et des rotors de 90 à 120 mètres de diamètre, constituent l’essentiel du parc éolien français.
Une éolienne de 2 MW produit en moyenne 4 à 5 millions de kWh par an, selon la qualité du site. Cette production permet d’alimenter l’équivalent de 2 000 personnes, hors chauffage électrique. Pour les sites particulièrement venteux, les machines de 3 MW peuvent dépasser les 7 millions de kWh annuels.
Les éoliennes offshore, installées en mer, repoussent encore ces limites. Les modèles les plus récents atteignent 12 à 15 MW de puissance nominale, avec des rotors dépassant les 200 mètres de diamètre. Leur facteur de charge grimpe à 40-45% grâce aux vents marins plus réguliers et soutenus. Une seule de ces géantes peut produire jusqu’à 50 millions de kWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 15 000 personnes.
Ces performances expliquent pourquoi l’éolien industriel s’impose comme l’une des sources d’énergie renouvelable les plus efficaces au mètre carré occupé. Une ferme éolienne de 20 MW peut alimenter une petite ville, là où d’autres technologies renouvelables nécessiteraient des surfaces bien supérieures.
Les facteurs qui déterminent la production réelle
Le vent reste évidemment le paramètre fondamental. Les éoliennes ne tournent pas en continu : elles démarrent autour de 12-14 km/h, atteignent leur puissance nominale entre 50 et 60 km/h, puis se mettent en sécurité au-delà de 90 km/h pour éviter les dommages. Entre ces seuils, la production augmente de façon exponentielle avec la vitesse du vent.
Le diamètre du rotor influence directement la puissance captée. Plus la surface balayée par les pales est grande, plus l’éolienne capte d’énergie. On peut estimer la puissance approximative avec la formule empirique : Puissance = 0,15 × diamètre². Ainsi, un rotor de 10 mètres de diamètre produit environ 15 kW, tandis qu’un rotor de 100 mètres atteint 1,5 MW.
La localisation géographique fait toute la différence. En France, la Bretagne, l’Occitanie et les Hauts-de-France offrent les meilleurs gisements éoliens terrestres. Les sites côtiers et les plateaux dégagés bénéficient de vents plus constants. Une même éolienne peut produire deux fois plus d’énergie dans une zone venteuse que dans une région abritée.
Le rendement technique de l’installation complète le tableau. Les meilleures éoliennes convertissent 60 à 65% de l’énergie du vent en électricité, là où certains modèles anciens ou bas de gamme plafonnent à 30-50%. Ce rendement intègre les pertes mécaniques dans la transmission et les pertes électriques dans la génératrice.
De la puissance aux économies : ce que ça représente concrètement
Pour un particulier, une éolienne domestique couvre généralement 70 à 80% des besoins électriques d’un foyer. Cette proportion varie selon la consommation du ménage et l’exposition au vent du site. Certaines installations atteignent l’autoconsommation complète, mais cela reste l’exception plutôt que la règle.
La rentabilité économique se calcule sur le long terme. Une éolienne domestique de 5 kW coûte entre 15 000 et 30 000 euros installation comprise. Avec une production de 10 000 à 15 000 kWh par an et un prix moyen de l’électricité à 0,20 euro le kWh, l’économie annuelle atteint 2 000 à 3 000 euros. Le retour sur investissement s’établit donc entre 10 et 15 ans, pour une durée de vie de 20 ans.
La revente du surplus devient intéressante à partir de 5 kW de production excédentaire. Le tarif de rachat garanti par EDF permet de valoriser l’électricité non consommée. Cette option améliore sensiblement la rentabilité, surtout pour les sites très venteux où la production dépasse régulièrement les besoins domestiques.
Pour les installations industrielles, le modèle économique repose sur des volumes massifs. Une éolienne de 2 MW représente un investissement de 2 à 3 millions d’euros, mais génère 400 000 à 500 000 euros de revenus annuels. Le seuil de rentabilité arrive en 5 à 7 ans, laissant ensuite une quinzaine d’années de revenus nets.
Ce qu’il faut retenir sur la production d’une éolienne
Une éolienne domestique affiche une puissance de 100 W à 20 kW et produit entre 1 000 et 30 000 kWh par an selon les conditions. Une éolienne industrielle développe 2 à 15 MW pour une production de 4 à 50 millions de kWh annuels. Le chiffre qui compte vraiment, c’est cette production en kWh : elle seule indique l’électricité réellement disponible et les économies réalisables.

