Protection des baleines : menaces actuelles et solutions

372 baleines noires de l’Atlantique Nord. Moins de 900 bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent. Ces chiffres illustrent la fragilité de populations entières de cétacés. La protection des baleines mobilise aujourd’hui organisations internationales, gouvernements et citoyens face à des menaces qui dépassent largement la chasse historique. Pollutions, collisions, captures accidentelles : les défis se multiplient tandis que les solutions s’organisent.

Les principales menaces pesant sur les baleines aujourd’hui

La chasse commerciale : un combat toujours d’actualité

Le moratoire de 1986 adopté par la Commission Baleinière Internationale (CBI) interdisait théoriquement la chasse commerciale à la baleine. Pourtant, plus de 1000 baleines continuent d’être tuées chaque année dans le monde.

Trois mécanismes permettent de contourner cette interdiction. Le Japon a longtemps pratiqué une chasse dite « scientifique », non concernée par le moratoire, avant de s’en retirer officiellement en 2019 pour reprendre une chasse commerciale assumée. La chasse de subsistance, pratiquée en Alaska ou en Sibérie par des populations autochtones, reste tolérée. Enfin, tout pays membre peut émettre une « objection » à une décision de la CBI et s’affranchir ainsi de ses obligations.

La Norvège et l’Islande exploitent activement cette faille juridique. Les quotas annuels fixés par ces nations atteignent plusieurs centaines d’individus, principalement des rorquals communs et des petits rorquals.

Les captures accidentelles : menace n°1 selon les experts

La Commission Baleinière Internationale estime que près de 300 000 petits cétacés sont tués chaque année en étant pris au piège dans des engins de pêche. Cette menace dépasse désormais largement celle de la chasse directe.

Les filets fantômes, perdus ou abandonnés en mer, continuent de piéger les cétacés pendant des années. Les marsouins aptères, dauphins de l’Irrawaddy et baleines noires de l’Atlantique Nord figurent parmi les espèces les plus touchées. Pour ces dernières, l’enchevêtrement dans les cordages de casiers à homard constitue la principale cause de mortalité non naturelle.

Les programmes de libération développés aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie permettent de sauver quelques individus. Mais la prévention reste l’enjeu majeur : modification des engins de pêche, matériaux biodégradables, zones d’exclusion temporaire.

Collisions avec les navires : un danger croissant

Le trafic maritime mondial a doublé en vingt ans. Cette intensification touche directement les zones d’alimentation et les couloirs migratoires des baleines. Les rorquals communs, baleines bleues et baleines franches subissent des collisions qui provoquent blessures graves ou mortalité immédiate.

Une baleine franche peut atteindre 18 mètres et peser 70 tonnes, mais elle nage lentement en surface lors de l’alimentation. Les navires commerciaux, qui dépassent souvent 20 nœuds, ne peuvent éviter l’animal à temps. Les hélices causent des lacérations profondes, les coques provoquent des traumatismes internes.

La vitesse constitue le facteur déterminant. Une collision à moins de 10 nœuds laisse à la baleine une chance de survie. Au-delà de 15 nœuds, les probabilités d’issue fatale grimpent à plus de 80%.

Pollution et dégradation de l’habitat

Les baleines à fanons filtrent d’énormes quantités d’eau pour se nourrir de plancton. Elles ingèrent ainsi jusqu’à 3 millions de particules de microplastique par jour. Ces fragments se décomposent dans l’organisme en libérant des composés chimiques toxiques : phtalates, retardateurs de flamme, perturbateurs endocriniens.

Les baleines à dents, comme les cachalots ou les orques, confondent les sacs plastique avec des calmars ou des poissons. L’ingestion obstrue l’estomac ou perfore le système digestif. Des autopsies ont révélé des dizaines de kilos de déchets plastiques dans l’estomac de cachalots échoués en Méditerranée.

La pollution sonore sous-marine perturbe profondément le comportement des cétacés. Le son voyage cinq fois plus vite dans l’eau que dans l’air. Les navires commerciaux, les sonars militaires et l’exploration sismique pour les hydrocarbures génèrent un bruit constant qui couvre les vocalisations des baleines sur des centaines de kilomètres.

Cette cacophonie empêche la communication entre individus, complique la localisation des proies et altère le sens de l’orientation lors des migrations. Des études ont documenté des échouages massifs de baleines à bec suite à des exercices militaires utilisant des sonars actifs de forte puissance.

L’acidification des océans, conséquence directe de l’absorption du CO2 atmosphérique, fragilise la base de la chaîne alimentaire. Le plancton, dont se nourrissent de nombreuses espèces de baleines, voit sa croissance ralentie. La contamination chimique (métaux lourds, PCB, pesticides) s’accumule dans les graisses des cétacés et affecte leur fertilité et leur système immunitaire.

Le cadre réglementaire international et national

La Commission Baleinière Internationale (CBI)

Créée en 1946 par la Convention de Washington, la Commission Baleinière Internationale visait initialement à « assurer le développement ordonné de l’industrie baleinière ». Un objectif paradoxal qui reflétait l’époque : gérer l’exploitation plus que protéger les espèces.

La prise de conscience environnementale des années 1970 a transformé progressivement la mission de la CBI. Elle fixe des quotas restrictifs, crée les premiers sanctuaires baleiniers et adopte finalement le moratoire de 1986 interdisant la chasse commerciale de dix espèces de baleines à fanons et deux espèces de baleines à dents.

Mais l’institution souffre de dysfonctionnements structurels. Les pays favorables à la chasse représentent environ 50% des membres et exercent une pression constante pour lever le moratoire. Il suffirait d’obtenir les trois quarts des voix pour y parvenir. La BBC a révélé en 2010 que certains États seraient régulièrement payés par le bloc baleinier pour apporter leur soutien lors des votes.

Cette corruption présumée sape la légitimité de l’organisation et laisse les associations de protection animale dans un profond pessimisme quant à l’avenir du moratoire.

Les législations nationales

Le Canada a adopté en 2002 la Loi sur les espèces en péril (LEP), en application depuis 2003. Elle vise à prévenir la disparition d’espèces sauvages, permettre le rétablissement de celles menacées et empêcher que les espèces préoccupantes ne s’enfoncent davantage.

Pour les espèces inscrites sur la liste en annexe 1, la LEP interdit de les chasser, capturer, harceler ou perturber. Elle protège également leurs habitats essentiels identifiés par les scientifiques.

Le Règlement sur les mammifères marins, modifié en 2018, impose des distances minimales d’approche : 100 mètres pour toute baleine, dauphin ou marsouin dans les eaux canadiennes. Cette distance double à 200 mètres lorsque l’animal est au repos ou accompagné d’un veau. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars.

Au Québec, la désignation d’une espèce comme menacée ou vulnérable fait tomber sa gestion sous l’égide de la Loi sur la conservation et mise en valeur de la faune. Cette législation permet de protéger les habitats essentiels et d’encadrer les activités humaines dans les zones critiques.

Les aires marines protégées se multiplient. Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, créé en 1998, couvre 1245 km² où bélugas, rorquals communs et petits rorquals se concentrent. Cette zone coïncide malheureusement avec une forte pression due aux activités humaines : navigation commerciale, pêche, tourisme baleinier.

Classements UICN et espèces prioritaires

La Liste rouge de l’UICN constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation des espèces. Elle classe les cétacés selon leur risque d’extinction : préoccupation mineure, vulnérable, en danger, en danger critique.

Les évolutions récentes montrent des succès et des échecs. La baleine à bosse est passée de « vulnérable » à « préoccupation mineure » grâce à la protection contre la chasse commerciale. Ses populations se rétablissent dans une grande partie de son aire de répartition, même si deux sous-populations restent en danger.

À l’inverse, le vaquita (marsouin du golfe de Californie) est classé en danger critique d’extinction. Il n’en reste qu’une dizaine d’individus. Les captures accidentelles dans les filets maillants destinés au totoaba, un poisson également menacé, causent sa disparition progressive.

La baleine noire de l’Atlantique Nord compte environ 372 individus. Elle pourrait atteindre le point de non-retour dans les cinq prochaines années si les mesures de protection ne s’intensifient pas drastiquement. L’enchevêtrement dans les engins de pêche et les collisions avec les navires restent les deux principales causes de mortalité.

Les petits cétacés côtiers connaissent une détérioration généralisée. Le dauphin de l’Irrawaddy, le marsouin aptère et le dauphin de la Plata sont désormais classés « vulnérables ». Leur proximité avec les zones d’activité humaine intense les expose directement aux pollutions, au bruit et aux captures accidentelles.

Les solutions mises en œuvre pour protéger les baleines

Ralentissement du trafic maritime et modification des routes

Le Groupe de travail sur le transport maritime et la protection des mammifères marins (G2T3M) élabore depuis 2011 des solutions concrètes pour réduire les risques dans l’estuaire du Saint-Laurent. Des mesures volontaires de réduction de vitesse et d’évitement de secteurs à forte densité de baleines ont été instaurées.

Les résultats s’avèrent encourageants. La réduction de la vitesse des navires commerciaux de 20 à 10 nœuds dans certaines zones diminue de 50% le risque de collision mortelle. Elle réduit également la pollution sonore sous-marine de manière significative, permettant aux baleines de mieux communiquer et localiser leurs proies.

La réorientation des voies de navigation représente la solution la plus efficace lorsqu’elle est possible. Contourner les zones d’alimentation essentielles ou les couloirs migratoires permet d’éviter totalement les rencontres. L’Organisation Maritime Internationale (OMI) a approuvé plusieurs modifications de routes dans des zones critiques pour les baleines franches, les baleines bleues et les rorquals communs.

Ces changements exigent une collaboration étroite entre gouvernements, autorités maritimes et industries. Ils impliquent parfois des coûts supplémentaires pour les compagnies de transport (trajets plus longs, consommation accrue de carburant), mais la protection d’espèces en danger critique d’extinction justifie ces compromis.

Innovation dans les engins de pêche

Le développement d’engins sécuritaires pour les baleines mobilise chercheurs, ingénieurs et pêcheurs depuis une décennie. L’objectif : réduire drastiquement les risques d’enchevêtrement sans compromettre l’efficacité de la pêche.

Les casiers à homard, responsables de nombreux enchevêtrements de baleines franches, font l’objet d’innovations prometteuses. Des cordages à rupture programmée se brisent sous la tension exercée par une baleine sans affecter la résistance nécessaire à la remontée des casiers. Des systèmes de largage acoustique permettent de remonter les casiers sans cordage vertical permanent dans l’eau.

Les matériaux biodégradables offrent une réponse partielle au problème des filets fantômes. Ces filets perdus ou abandonnés continuent de piéger des animaux pendant des années, voire des décennies. Des fibres qui se dégradent en 2 à 5 ans dans l’eau de mer réduisent significativement cette menace à long terme.

Les programmes de libération des cétacés pris au piège existent aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Des équipes formées interviennent pour couper les cordages enchevêtrés autour des nageoires ou de la queue. Ces opérations délicates sauvent quelques dizaines d’individus par an, mais ne suffisent pas face à l’ampleur du problème.

Création de réserves marines et zones protégées

Les aires marines protégées offrent aux baleines des sanctuaires où les activités humaines sont strictement encadrées. Le sanctuaire Pelagos, créé en 1999 en Méditerranée, couvre 87 500 km² entre France, Italie et Monaco. Il abrite notamment des populations de rorquals communs, cachalots et dauphins.

Dans ce périmètre, la navigation commerciale n’est pas interdite mais réglementée. Les vitesses sont limitées, certaines zones fermées pendant les périodes sensibles de reproduction ou d’alimentation. L’exploration pétrolière et gazière est proscrite.

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent protège l’habitat estival des bélugas du Saint-Laurent, une population isolée de moins de 900 individus. Les activités d’observation des baleines y sont strictement encadrées par l’Alliance Éco-Baleine, qui regroupe les opérateurs touristiques engagés dans des pratiques responsables.

Au Chili, une initiative novatrice combine protection écologique et reconnaissance des droits autochtones. Depuis 2008, une loi permet aux communautés Mapuche de créer des zones protégées indigènes sur leurs territoires ancestraux. Autour de l’île Guafo, dans le golfe de Corcovado, cette protection bénéficie directement aux baleines bleues qui viennent y élever leurs petits chaque printemps.

Le statut de protection oblige tous les acteurs à utiliser le territoire de manière respectueuse. Les compagnies maritimes ont volontairement réduit leur vitesse dès la phase de sollicitation du statut. Cette approche holistique associe préservation des modes de vie traditionnels et conservation des espèces.

Réduction de la pollution sonore sous-marine

La pollution sonore figure parmi les menaces les moins visibles mais les plus perturbatrices pour les cétacés. Le son constitue leur principal sens dans l’obscurité des profondeurs. Les baleines à bosse chantent pour communiquer sur des centaines de kilomètres, les orques utilisent l’écholocation pour chasser, les baleines franches appellent leurs petits.

Les gouvernements commencent à réglementer l’exploration énergétique et les activités générant du bruit intense. Les canons à air comprimé utilisés pour la prospection sismique émettent des impulsions sonores qui peuvent atteindre 260 décibels sous l’eau. Ces ondes de choc perturbent le comportement des baleines sur des dizaines de kilomètres.

En Russie, la pression des organisations environnementales a conduit le gouvernement à établir un sanctuaire pour la baleine grise au large de l’île de Sakhaline, limitant drastiquement les prospections sismiques dans cette zone d’alimentation cruciale.

Les technologies de surveillance acoustique permettent désormais de détecter la présence de baleines en temps réel et d’adapter les activités humaines. Des bouées équipées de micros sous-marins captent les vocalisations et déclenchent des alertes aux navires à proximité. Cette approche dynamique offre une protection flexible, plus acceptable pour l’industrie maritime que des fermetures permanentes de vastes zones.

Actions concrètes à l’échelle individuelle

Consommation responsable de produits de la mer

Les choix alimentaires impactent directement les baleines. Privilégier les produits issus de pêche durable réduit la pression sur l’écosystème marin et encourage les pratiques respectueuses.

Au Québec, l’initiative Fourchette bleue guide les consommateurs vers des espèces moins connues mais abondantes. Diversifier la consommation permet de réduire la surexploitation de certaines populations de poissons, proies essentielles des baleines. Un effondrement des stocks de harengs ou de krill affecte directement la survie des cétacés qui en dépendent.

Les labels de certification comme MSC (Marine Stewardship Council) ou ASC (Aquaculture Stewardship Council) garantissent des pratiques de pêche qui minimisent les captures accidentelles et respectent les quotas scientifiques. Privilégier ces produits envoie un signal économique clair à l’industrie.

Éviter les espèces surexploitées comme le thon rouge de l’Atlantique ou certaines populations de cabillaud contribue également à la préservation de l’équilibre marin dont dépendent les baleines.

Réduction de l’empreinte plastique

Chaque année, 8 à 12 millions de tonnes de plastique se déversent dans les océans. Réduire sa consommation de plastique à usage unique constitue un geste simple mais efficace pour limiter cette pollution.

Les sacs en plastique, bouteilles et pailles peuvent être facilement remplacés par des alternatives durables : sacs réutilisables, gourdes en inox, pailles en bambou ou en métal. Ces petits changements, multipliés par des millions de consommateurs, réduisent significativement la quantité de déchets qui finissent dans l’estomac des baleines.

Au-delà des gros morceaux, les microplastiques issus de la dégradation des déchets ou des textiles synthétiques envahissent les océans. Privilégier les fibres naturelles, utiliser un filtre à microplastiques sur la machine à laver et éviter les cosmétiques contenant des microbilles contribuent à limiter cette pollution insidieuse.

Observation responsable des baleines

Le tourisme baleinier génère plusieurs milliards de dollars par an dans le monde. Bien encadré, il constitue un puissant levier de sensibilisation et de protection. Mal pratiqué, il devient une source de stress et de perturbation pour les animaux.

Respecter les distances réglementaires s’avère essentiel : 100 mètres minimum, 200 mètres si la baleine est au repos ou avec un veau. Ne jamais poursuivre un animal, couper son chemin ou encercler un groupe. Limiter le temps d’observation à 30 minutes maximum par rencontre.

Choisir des opérateurs certifiés garantit le respect de ces règles. Au Québec, l’Alliance Éco-Baleine regroupe les compagnies engagées dans des pratiques responsables. Elles forment leurs guides, équipent leurs navires de moteurs moins bruyants et participent à la recherche scientifique.

Une excursion responsable devient une occasion d’apprentissage et de sensibilisation. Les guides expliquent l’écologie des baleines, les menaces qu’elles affrontent et les gestes de protection. Cette prise de conscience transforme souvent les spectateurs en défenseurs actifs des océans.

Soutien aux organisations de conservation

Les organisations de protection mènent des actions de terrain, font pression sur les gouvernements et financent la recherche scientifique. Elles dépendent largement des dons et du bénévolat pour accomplir leur mission.

WWF, Greenpeace, IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) ou Baleines en direct au Québec mobilisent des moyens importants pour documenter les populations, influencer les politiques publiques et sensibiliser le grand public. Un don, même modeste, contribue directement à ces efforts.

Le bénévolat offre également des opportunités d’engagement. Urgences mammifères marins recrute régulièrement des bénévoles pour surveiller les plages, signaler les échouages ou participer aux campagnes de sensibilisation. De nombreux organismes locaux recherchent des soutiens pour leurs projets de conservation.

La science citoyenne permet de contribuer activement à la recherche. Signaler une observation de baleine, photographier une nageoire dorsale pour l’identification individuelle ou participer à un recensement génère des données précieuses pour les scientifiques. Ces contributions éclairent la gestion et la protection des populations.

Rôle écologique des baleines et bénéfices de leur protection

Les baleines, ingénieurs écosystémiques

Les baleines jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes marins. Elles agissent comme une pompe à nutriments verticale entre les profondeurs et la surface.

Lorsqu’une baleine plonge pour se nourrir à plusieurs centaines de mètres, elle ingère poissons, calmars ou krill riches en nutriments. Revenue en surface pour respirer, elle défèque, libérant d’énormes quantités de fer, azote et phosphore dans les eaux superficielles.

Ces nutriments fertilisent le phytoplancton, ces minuscules algues qui constituent la base de la chaîne alimentaire marine. Une étude a calculé qu’une baleine bleue libère environ 50 kg de fer par an dans l’océan Austral, stimulant la croissance de plusieurs tonnes de phytoplancton.

Cette fertilisation bénéficie à l’ensemble de l’écosystème. Le plancton nourrit les petits poissons, qui nourrissent les plus gros, qui nourrissent les baleines, qui nourrissent le plancton. Un cycle vertueux dont la disparition des baleines perturberait profondément l’équilibre.

Contribution à la lutte contre le changement climatique

Le phytoplancton produit plus de 50% de l’oxygène atmosphérique et absorbe environ 40% du CO2 émis par les activités humaines. En fertilisant le phytoplancton, les baleines amplifient considérablement cette capacité de séquestration du carbone.

Des chercheurs ont estimé qu’une grande baleine séquestre en moyenne 33 tonnes de CO2 au cours de sa vie. Lorsqu’elle meurt et coule au fond de l’océan, ce carbone est piégé dans les sédiments pendant des siècles, voire des millénaires.

Avant la chasse industrielle, les populations de grandes baleines comptaient environ 4 à 5 millions d’individus. Aujourd’hui, elles plafonnent à environ 1,3 million. Cette réduction massive a diminué de manière significative la capacité naturelle des océans à réguler le climat.

Restaurer les populations de baleines à leurs niveaux historiques pourrait séquestrer des milliards de tonnes de CO2 supplémentaires chaque année. Le Fonds Monétaire International a calculé que chaque grande baleine possède une valeur écosystémique d’environ 2 millions de dollars en services environnementaux rendus.

Protéger les baleines ne relève donc pas seulement de l’éthique ou de la préservation de la biodiversité. C’est également un investissement climatique rentable, une solution naturelle face au réchauffement planétaire.

La citation de Jacques Cousteau résume parfaitement cet enjeu : « On aime ce qui nous a émerveillés, et on protège ce que l’on aime. » Comprendre le rôle irremplaçable des baleines dans la santé des océans transforme l’émerveillement en engagement. Chaque action compte, du refus d’un sac plastique au soutien politique des sanctuaires marins. La protection des baleines engage notre propre avenir.

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