Pourquoi ma pompe à chaleur ne chauffe pas : causes et solutions

Votre pompe à chaleur tourne, mais aucune chaleur n’arrive dans votre logement. Plusieurs causes peuvent expliquer ce dysfonctionnement, certaines simples à corriger, d’autres nécessitant l’intervention d’un professionnel. Voici comment identifier le problème et agir rapidement.

Les vérifications simples à faire immédiatement

Avant de paniquer ou d’appeler un technicien, quelques contrôles basiques permettent souvent de résoudre le problème en quelques minutes.

Contrôlez vos réglages de base

Le thermostat est souvent en cause. Vérifiez que la température de consigne est suffisamment élevée pour votre confort. Une erreur de manipulation peut avoir abaissé le réglage sans que vous vous en rendiez compte.

Assurez-vous également que le thermostat est bien branché et que ses piles ne sont pas déchargées. Un thermostat à plat n’envoie aucun ordre de chauffe à la pompe à chaleur. Le mode été/hiver mérite aussi votre attention : la PAC doit être positionnée en mode hiver, pas en position été ou arrêt.

Enfin, l’emplacement du thermostat compte. S’il est trop proche d’une source de chaleur (radiateur, fenêtre ensoleillée), il perçoit une température faussée et coupe le chauffage prématurément.

Vérifiez l’alimentation électrique

Une pompe à chaleur qui ne chauffe pas peut tout simplement être mal alimentée électriquement. Consultez votre tableau électrique et vérifiez que le disjoncteur dédié à la PAC n’a pas sauté.

Si le disjoncteur se déclenche à nouveau après l’avoir renclenché, un court-circuit est probablement en cause. Dans ce cas, coupez l’alimentation et contactez un professionnel.

L’interrupteur de l’unité extérieure, souvent situé sur le mur ou directement sur l’appareil, peut aussi avoir été éteint par inadvertance. Un simple contrôle visuel suffit.

Contrôlez la pression du circuit

La pression d’eau du circuit de chauffage doit se situer entre 1 et 1,5 bar. En dessous, l’eau circule mal et la chaleur ne se diffuse pas correctement dans les radiateurs ou le plancher chauffant.

Le manomètre de votre PAC indique cette pression. Si elle est insuffisante, faites un appoint d’eau via le robinet de remplissage prévu à cet effet. Consultez la notice de votre appareil pour localiser ce robinet et suivre la procédure.

Une chute de pression fréquente peut signaler une fuite sur votre installation. Dans ce cas, l’intervention d’un plombier s’impose pour identifier et colmater le point de fuite.

Purgez vos radiateurs

De l’air emprisonné dans le circuit empêche l’eau chaude de circuler correctement. Vous le remarquez facilement : certains radiateurs restent froids tandis que d’autres chauffent normalement.

La purge des radiateurs est une opération simple. Munissez-vous d’une clé de purge, ouvrez la vis située sur le côté supérieur du radiateur et laissez l’air s’échapper jusqu’à ce que l’eau coule. Fermez ensuite la vis et vérifiez la pression du circuit.

Cette manipulation, à répéter sur tous les radiateurs froids, permet souvent de retrouver une chauffe homogène sans aucune intervention technique.

Les pannes techniques courantes

Lorsque les vérifications basiques ne donnent rien, des problèmes techniques plus sérieux peuvent expliquer pourquoi votre pompe à chaleur ne chauffe pas.

Manque de fluide frigorigène

Le fluide frigorigène est le sang de votre pompe à chaleur. C’est lui qui transporte les calories de l’extérieur vers l’intérieur. Sans quantité suffisante, la PAC tourne à vide sans produire de chaleur.

Ce problème survient généralement après plusieurs années de fonctionnement, souvent à cause d’une micro-fuite non détectée. L’appareil semble fonctionner normalement, mais les performances s’effondrent progressivement.

Seul un professionnel certifié peut vérifier le niveau de fluide et effectuer une recharge. Cette manipulation requiert des équipements spécifiques et une habilitation réglementaire. Ne tentez jamais d’intervenir vous-même sur le circuit frigorigène.

Encrassement des filtres et de l’unité extérieure

Les filtres et l’unité extérieure accumulent poussière, feuilles mortes et débris au fil des saisons. Cet encrassement limite le flux d’air et réduit drastiquement l’efficacité de la pompe à chaleur.

Nettoyez régulièrement les filtres intérieurs (tous les 2 à 3 mois selon l’usage) et dégagez l’unité extérieure de tout obstacle. Retirez les feuilles, coupez la végétation trop proche et vérifiez qu’aucun objet ne bloque les entrées d’air.

En hiver, un givrage excessif de l’unité extérieure peut aussi perturber le fonctionnement. Si la couche de givre ne disparaît pas lors des cycles de dégivrage automatique, un dysfonctionnement technique nécessite l’intervention d’un spécialiste.

Compresseur défaillant

Le compresseur est le cœur de votre installation. Son rôle : comprimer le fluide frigorigène pour élever sa température. Lorsqu’il s’use, la pompe à chaleur perd en puissance puis finit par ne plus chauffer du tout.

Des bruits anormaux (claquements, vibrations inhabituelles) signalent souvent une défaillance du compresseur. L’appareil tourne en continu sans atteindre la température de consigne et votre facture d’électricité grimpe.

Le remplacement d’un compresseur représente un coût élevé (entre 1 500 et 3 000 euros selon les modèles). Selon l’âge de votre PAC, il peut être plus judicieux d’envisager un remplacement complet de l’appareil.

Thermostat ou sonde défectueux

Un thermostat défaillant envoie des informations erronées à la pompe à chaleur. Résultat : l’appareil ne se déclenche pas au bon moment ou s’arrête prématurément.

La sonde extérieure, qui mesure la température ambiante pour ajuster la production de chaleur, peut également être en cause. Si elle est mal positionnée, encrassée ou endommagée, la régulation ne fonctionne plus correctement.

Le remplacement d’un thermostat ou d’une sonde est une opération relativement simple pour un professionnel et coûte généralement entre 100 et 300 euros, pièces et main-d’œuvre comprises.

Quand la PAC ne peut pas compenser

Parfois, votre pompe à chaleur fonctionne parfaitement mais ne parvient pas à chauffer suffisamment. Deux facteurs extérieurs expliquent cette situation.

Températures extérieures trop basses

Les pompes à chaleur air-air et air-eau puisent les calories dans l’air extérieur. Plus il fait froid, moins l’air contient d’énergie disponible. Les performances diminuent donc naturellement lorsque le mercure chute.

En dessous de -7°C, la plupart des PAC air-air voient leur efficacité fortement réduite. Les modèles récents supportent mieux le grand froid, mais même les plus performants atteignent leurs limites autour de -15°C ou -20°C.

Cette limite technique n’est pas une panne. Elle est inhérente au principe de fonctionnement. La solution : prévoir un chauffage d’appoint (convecteur électrique, poêle à bois) pour les périodes de grand froid, quelques jours par an dans la plupart des régions françaises.

Puissance inadaptée ou isolation insuffisante

Une pompe à chaleur sous-dimensionnée tourne en permanence sans jamais atteindre la température souhaitée. Ce problème provient d’une erreur lors du bilan thermique initial, qui aurait dû déterminer la puissance nécessaire en fonction du volume à chauffer, de l’isolation et de la région.

L’isolation du logement joue un rôle majeur. Même la PAC la plus puissante ne compensera pas des déperditions thermiques importantes. Si vos murs, combles ou sols sont mal isolés, la chaleur s’échappe plus vite qu’elle n’est produite.

Avant de remplacer votre pompe à chaleur, faites réaliser un audit énergétique pour identifier les ponts thermiques. Renforcer l’isolation (combles, murs, menuiseries) améliore souvent significativement le confort sans changer d’équipement.

Quand faut-il appeler un professionnel ?

Certaines situations nécessitent impérativement l’intervention d’un technicien qualifié.

Contactez un professionnel certifié si vous constatez une fuite de fluide frigorigène, des bruits inhabituels persistants, un code erreur sur l’affichage de la PAC, ou si l’appareil disjoncte systématiquement. N’intervenez jamais sur les composants électriques ou le circuit frigorifique sans compétences techniques.

Privilégiez un artisan disposant de la certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Ce label atteste de son expertise et reste obligatoire pour bénéficier des aides financières en cas de remplacement de l’équipement.

Depuis le 28 juillet 2020, l’entretien annuel est obligatoire pour toutes les pompes à chaleur d’une puissance comprise entre 4 et 70 kW. Cette visite préventive permet de détecter les dysfonctionnements avant qu’ils ne se transforment en panne complète.

Comment prévenir ces pannes

La majorité des problèmes de chauffage se préviennent par un entretien régulier.

Nettoyez les filtres intérieurs tous les 2 à 3 mois et dégagez l’unité extérieure des feuilles et débris plusieurs fois par an. Surveillez la pression du circuit chaque mois et complétez si nécessaire. Vérifiez que rien n’obstrue les bouches de soufflage.

Faites réviser votre installation par un professionnel au moins une fois par an, même si la loi n’impose qu’une visite tous les deux ans. Cette maintenance préventive inclut le contrôle du fluide frigorigène, le nettoyage des composants internes, la vérification des connexions électriques et le réglage des paramètres.

Soyez attentif aux signes avant-coureurs : bruits inhabituels, augmentation de la facture d’électricité, cycles de chauffe plus longs, odeurs anormales. Plus vous réagissez tôt, moins la réparation coûte cher.

Une pompe à chaleur bien entretenue conserve ses performances pendant 15 à 20 ans. Négliger l’entretien divise cette durée de vie par deux et multiplie les pannes. L’investissement dans la maintenance représente toujours une économie sur le long terme.

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koessler.buisness@gmail.com
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