Oui, installer une pompe à chaleur dans un appartement est tout à fait possible. Deux modèles s’adaptent à cette configuration : la pompe à chaleur air-air et la pompe à chaleur air-eau. Vous devrez cependant obtenir l’accord de votre copropriété et déposer une déclaration préalable en mairie. Ces démarches prennent du temps, mais elles garantissent une installation conforme et durable.
Oui, mais pas tous les modèles
Tous les types de pompes à chaleur ne conviennent pas à un appartement. Seules les solutions aérothermiques sont réalisables techniquement et administrativement.
La pompe à chaleur air-air, pour remplacer des radiateurs électriques
La PAC air-air capte les calories présentes dans l’air extérieur et les diffuse directement dans votre logement via des unités intérieures murales, appelées splits. Un split est installé dans chaque pièce à chauffer.
Ce système remplace avantageusement des convecteurs électriques. Il offre un double avantage : chauffage en hiver et climatisation en été grâce à son mode réversible. En revanche, elle ne produit pas d’eau chaude sanitaire. Il faudra conserver un chauffe-eau indépendant.
Le budget se situe entre 6 000 et 9 000 € pour un appartement de 100 m², installation comprise.
La pompe à chaleur air-eau, pour remplacer une chaudière
La PAC air-eau fonctionne différemment. Elle chauffe l’eau du circuit de chauffage existant et alimente vos radiateurs ou votre plancher chauffant. Ce modèle convient parfaitement si vous remplacez une chaudière gaz, fioul ou électrique.
Certains modèles intègrent un ballon thermodynamique et assurent également la production d’eau chaude sanitaire. Vous centralisez ainsi chauffage et eau chaude dans un seul équipement.
Comptez entre 9 000 et 13 000 € pour 100 m², pose incluse. Le coût est plus élevé qu’une PAC air-air, mais les aides financières sont plus généreuses.
Pourquoi les PAC géothermiques sont exclues
Les pompes à chaleur géothermiques (sol-eau ou eau-eau) nécessitent un forage dans un terrain pour installer des capteurs souterrains. Cette configuration est impossible en appartement, où vous ne disposez ni de jardin ni d’accès au sol.
Seules les solutions aérothermiques restent envisageables.
Deux autorisations obligatoires avant l’installation
L’installation d’une pompe à chaleur en appartement implique de modifier l’aspect extérieur de l’immeuble. Deux autorisations sont donc nécessaires avant tout début de travaux.
L’accord de la copropriété
Votre projet doit être présenté lors d’une assemblée générale des copropriétaires. Le vote se fait à la majorité (article 25 de la loi du 10 juillet 1965).
Préparez un dossier complet qui inclut :
Le type de pompe à chaleur choisi (air-air ou air-eau).
L’emplacement prévu pour l’unité extérieure (balcon, terrasse, cour).
Les dimensions du matériel.
Le niveau sonore de l’appareil en décibels.
Les solutions prévues pour réduire le bruit (plots antivibratiles, caisson acoustique).
La durée estimée des travaux.
L’impact visuel sur la façade ou les parties communes.
Avant de constituer ce dossier, consultez le règlement de copropriété. Certains immeubles interdisent formellement l’installation d’équipements avec unité extérieure. Dans ce cas, votre demande sera refusée d’office.
Si le règlement est silencieux sur ce point, votre projet a toutes les chances d’aboutir, à condition de démontrer que vous prenez toutes les précautions pour limiter les nuisances.
La déclaration préalable en mairie
Une fois l’accord de la copropriété obtenu, vous devez déposer une déclaration préalable de travaux auprès de votre mairie. Cette démarche est obligatoire dès lors que l’unité extérieure modifie l’aspect de la façade (article R. 421-17 du Code de l’urbanisme).
Le délai de réponse standard est de quelques semaines. Si vous ne recevez aucune réponse après un mois, cela signifie que la mairie ne s’oppose pas aux travaux. Vous pouvez alors débuter l’installation.
Attention toutefois si votre logement se situe dans une zone protégée ou à proximité d’un bâtiment classé. L’Architecte des Bâtiments de France peut refuser votre projet pour préserver la cohérence architecturale du site. Le délai de réponse peut également être rallongé.
Le cas particulier des locataires
Si vous êtes locataire, la procédure est plus complexe. Vous devez d’abord obtenir l’accord écrit de votre propriétaire. Ce dernier devra ensuite soumettre le projet à l’assemblée générale de la copropriété, puis effectuer la déclaration en mairie.
Cette triple validation rallonge les délais. Beaucoup de propriétaires refusent d’engager ces démarches pour un locataire, surtout si le bail est de courte durée.
Où installer l’unité extérieure dans un appartement ?
L’emplacement de l’unité extérieure conditionne la réussite de votre projet. Un mauvais positionnement génère du bruit, des vibrations et des conflits de voisinage.
Les emplacements possibles sont un balcon, une terrasse, une cour ou un toit plat accessible. Si vous habitez en rez-de-jardin avec accès direct, l’unité peut être posée au sol.
Évitez absolument de fixer l’unité extérieure directement sur un mur. Les vibrations se propagent dans la structure du bâtiment et provoquent des nuisances sonores importantes, y compris chez vos voisins. Privilégiez une installation au sol, sur une dalle de béton dédiée.
Protégez l’appareil des intempéries. Ne le placez jamais sous une gouttière ou dans une zone où la neige peut s’accumuler et tomber brutalement. L’unité doit rester accessible pour l’entretien, mais suffisamment éloignée des fenêtres des voisins pour limiter les nuisances acoustiques.
Utilisez des plots antivibratiles pour absorber les vibrations. Certains installateurs proposent également des caissons acoustiques ou des cloisons anti-bruit pour réduire encore le niveau sonore.
L’orientation de l’unité compte aussi. Évitez de diriger le flux d’air chaud (en mode climatisation) vers les fenêtres ou les balcons voisins.
Combien coûte une pompe à chaleur en appartement ?
Le budget dépend du modèle choisi, de la surface à chauffer et des spécificités de votre installation.
Coûts d’achat et d’installation
Pour une pompe à chaleur air-air, comptez entre 60 et 90 € par m², soit 6 000 à 9 000 € pour un appartement de 100 m². Ce prix inclut le matériel, la pose et la mise en service.
Pour une pompe à chaleur air-eau, le tarif se situe entre 90 et 130 € par m², soit 9 000 à 13 000 € pour 100 m². Le coût est plus élevé en raison de la complexité technique et du raccordement au circuit hydraulique existant.
Plusieurs facteurs influencent le devis final :
La puissance de la pompe, déterminée par une étude thermique.
Le nombre de splits pour une PAC air-air (un par pièce à chauffer).
La marque du matériel (Daikin, Mitsubishi, Hitachi, Atlantic).
L’ajout d’accessoires : thermostat connecté, ballon tampon, système de régulation avancé.
Le coefficient de performance (COP) : plus il est élevé, plus la PAC est efficace, mais aussi coûteuse.
La complexité de l’installation : longueur des liaisons frigorifiques, passage de gaines, renforcement électrique.
N’acceptez jamais un devis sans visite technique préalable. Un installateur sérieux doit évaluer votre logement pour dimensionner correctement l’équipement.
Demandez plusieurs devis pour comparer les offres. Les tarifs varient fortement d’un installateur à l’autre, parfois du simple au double pour un même projet.
Coûts d’entretien
L’entretien d’une pompe à chaleur est obligatoire tous les 2 ans pour les appareils contenant plus de 2 kg de fluide frigorigène, ce qui concerne la quasi-totalité des modèles.
Cet entretien doit être réalisé par un professionnel certifié. Il inclut le contrôle du circuit frigorifique, le nettoyage des filtres, la vérification des connexions électriques et le test de performance.
Prévoyez un budget annuel de 150 à 250 € pour une PAC air-air et de 100 à 300 € pour une PAC air-eau. Ces coûts peuvent augmenter si des réparations ou un complément de fluide frigorigène sont nécessaires.
Un entretien régulier prolonge la durée de vie de votre installation (15 à 20 ans) et maintient son efficacité énergétique.
Quelles aides financières pour réduire le budget ?
Les aides disponibles dépendent du type de pompe à chaleur installé. La PAC air-eau est mieux subventionnée que la PAC air-air.
MaPrimeRénov’ : cette aide de l’État finance jusqu’à plusieurs milliers d’euros l’installation d’une PAC air-eau. Le montant dépend de vos revenus. La PAC air-air n’est pas éligible.
Prime CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) : proposée par les fournisseurs d’énergie, elle concerne aussi bien la PAC air-air que la PAC air-eau. Le montant varie selon votre situation et le fournisseur choisi.
TVA réduite : 5,5 % sur l’achat et la pose d’une PAC air-eau, 10 % sur la pose uniquement d’une PAC air-air.
Éco-PTZ (Éco-prêt à taux zéro) : prêt sans intérêt pouvant aller jusqu’à 50 000 €, uniquement pour la PAC air-eau.
Aides locales : certaines régions, départements ou communes proposent des subventions complémentaires. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat).
Toutes ces aides imposent deux conditions :
L’installation doit être réalisée par un installateur certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), idéalement avec la qualification QualiPAC.
Un reste à charge minimum de 10 % du montant total des travaux doit figurer sur le devis. Les offres de pompe à chaleur à 1 € n’existent plus. Toute promesse contraire est une arnaque.
Utilisez les simulateurs en ligne (France Rénov’, Hellio, Hello Watt) pour estimer le montant des aides avant de vous engager.
Les points de vigilance à connaître
Trois aspects méritent une attention particulière pour éviter les déceptions ou les conflits après installation.
Le bruit, principal risque de conflit
Le niveau sonore de l’unité extérieure varie entre 45 et 65 décibels selon les modèles. Pour comparaison, 50 dB correspond à une conversation normale, 60 dB à un lave-vaisselle en fonctionnement.
La réglementation française fixe des seuils de bruit à ne pas dépasser, notamment la nuit. Le non-respect de ces normes peut entraîner des plaintes de voisinage et, dans les cas extrêmes, une obligation de démonter l’installation.
Choisissez un modèle certifié silencieux (moins de 50 dB). Privilégiez les marques reconnues pour la qualité acoustique de leurs équipements.
L’installation joue un rôle majeur. Une unité posée sur une dalle béton avec des plots antivibratiles émet beaucoup moins de nuisances qu’une unité fixée au mur. Si nécessaire, ajoutez un caisson acoustique ou une cloison anti-bruit.
Discutez en amont avec vos voisins directs, surtout ceux dont les fenêtres ou le balcon sont proches de l’emplacement prévu. Un projet présenté avec transparence et précaution rencontre moins de résistance.
Le dimensionnement, clé des économies
Une pompe à chaleur mal dimensionnée consomme plus d’énergie et s’use prématurément. Un appareil trop puissant effectue des cycles courts répétés (marche/arrêt), ce qui dégrade les composants. Un appareil sous-dimensionné tourne en continu sans atteindre la température de confort.
Le dimensionnement doit être réalisé après une étude thermique menée par un professionnel. Cette étude prend en compte :
L’isolation de votre appartement (murs, fenêtres, toiture si vous êtes au dernier étage).
La surface à chauffer.
La localisation géographique et les températures hivernales moyennes.
Le nombre d’occupants et leurs habitudes de chauffage.
Les besoins en eau chaude sanitaire (uniquement pour une PAC air-eau).
Ne vous fiez jamais à un calcul approximatif basé uniquement sur la surface. Un appartement de 80 m² bien isolé au 3ᵉ étage d’un immeuble récent n’a pas les mêmes besoins qu’un appartement de même surface au rez-de-chaussée d’un bâtiment ancien mal isolé.
La performance en hiver
Les pompes à chaleur air-air perdent en efficacité lorsque la température extérieure descend en dessous de 0 °C. Le COP diminue, et la consommation électrique augmente pour maintenir la température intérieure.
Les pompes à chaleur air-eau résistent mieux aux températures négatives, surtout les modèles récents équipés de compresseurs inverter. Elles continuent de fonctionner correctement jusqu’à environ -15 °C ou -20 °C selon les marques.
Si vous habitez dans une région où les hivers sont rigoureux (montagne, nord-est de la France), privilégiez une PAC air-eau ou prévoyez un chauffage d’appoint pour les périodes de grand froid.
Le coefficient de performance (COP) indique l’efficacité de la pompe. Un COP de 3 signifie qu’elle produit 3 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommé. Plus le COP est élevé, plus l’appareil est performant. Visez un COP minimum de 3,5 pour une installation rentable.
Installer une pompe à chaleur dans un appartement est donc possible, mais le projet demande de la préparation. Obtenez d’abord l’accord de votre copropriété et de votre mairie. Choisissez entre une PAC air-air et une PAC air-eau selon votre installation existante. Faites réaliser une étude thermique pour dimensionner correctement l’équipement. Enfin, passez par un installateur certifié RGE pour bénéficier des aides financières et garantir la qualité de la pose.

